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APPPSY - 40 ans ! “Dossier Patient informatisé” et “Consentement libre et éclairé” ...

Entre désobéissance et servitude volontaire, quels enjeux pour la clinique ?

Et si le «Dossier patient informatisé » (DPI) n’était pas simplement une nouvelle pratique institutionnalisée, médicale et paramédicale, pas seulement un outil servant la « coordination et la continuité des soins » ?
Et si, ce nouveau dossier, importé d’autorité dans le domaine de la “Santé Mentale ”, qui vise l’encodage de “prestations” et de “notes cliniques”, potentiellement partagées, pouvait aussi induire un effet iatrogène, toxique, perturbant la relation clinique et les interventions à visée psychothérapeutique ?

À l’occasion du Quarantième Anniversaire - différé - de notre Association de Psychologues Praticiens d’orientation Psychanalytique (APPPsy), nous nous proposons de revenir, le samedi 5 décembre, sur le questionnement amorcé, lors d’une précédente rencontre, le 4 avril dernier, autour de la notion de “consentement libre et éclairé”. Bien que visant officiellement la protection du patient, dans la pratique, il se révèle souvent n’être qu’un rituel administratif encadrant l’encodage de données cliniques dans un “DPI”.

Or, la rencontre clinique, basée sur la relation de confiance, s’ancre forcément dans de l’indéterminé et ne peut se réduire aux conditions préliminaires d’un contrat de type juridique. Ce registre est hétérogène à l’éthique et à la pratique psychanalytique. Imaginer un “consentement libre et éclairé”, en début d’un cheminement à visée psychothérapeutique, serait de toute évidence faire fi du “transfert” et des conflictualités inconscientes qui peuvent nous pousser à accepter “de vive voix” ce dont - sans encore le savoir – ou dans notre for intérieur nous ne voulons peut-être pas…

Autant donc le DPI peut-il être un outil essentiel de partages de données techniques dans le domaine de la santé au sens médical du terme, autant il fait l’impasse sur la spécificité relationnelle et la réalité sociale des pratiques en santé mentale -un registre apparemment inconnu du législateur.

Céder sur ce point nous mènerait imperceptiblement sur le chemin de la “servitude volontaire” : celle qui nous pousserait, nous forcerait, tout d’abord du dehors, puis peu à peu en nous-mêmes, à nous conformer à des normes législatives qui ne nous paraissent en rien légitimes. Sans compter la violence, le refus de dialogue, avec laquelle celles-ci nous ont été imposées ! Il s’agit d’un enjeu capital pour la santé publique autant que pour la démocratie.

Entre autres intervenants, Christophe Dejours (APF) abordera les liens entre “servitude volontaire”, travail et émancipation, dans le champ concret de la démocratie . Clotilde Leguil (ECF) nous exposera en quoi - même dans la relation clinique - si « céder n’est pas consentir », ne pas céder, “désobéir”, se « déprendre de l’emprise », peut se révéler thérapeutique .

Et Nous prolongerons notre réflexion avec Jean-Michel Longneaux (UNamur) à propos de liberté citoyenne et professionnelle, dans le fil de notre engagement pour la protection des données à caractère personnel. N’oublions pas qu’il y va non seulement de la protection politique et clinique du secret professionnel, mais des conditions de base d’accessibilité aux soins en santé mentale pour tout citoyen qui cherche un “confident fiable”.

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